Léonie Bischoff, coup de coeur genevois au Salon du Livre

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Par souci d’honnêteté, je me dois de vous le dire, Léonie Bischoff est ma cousine. Et pourtant, ce n’est pas notre lien de parenté qui m’a décidée à écrire un article sur elle. Mon admiration pour ses dessins a commencé quand, à Noël étant petite, elle gribouillait dans mon cahier de souvenirs et m’offrait des mix de musique avec une couverture faite maison.

Mix CD

Mais aujourd’hui, elle a quitté depuis longtemps le stade de « ma cousine qui dessine bien dont je parle à mes copines ». Aujourd’hui, elle a atteint le stade de « la fille qui dessine si bien que la maison d’édition Casterman lui confie l’adaptation en BD d’une série de polars best-sellers ». Le deuxième tome, Le Prédicateur, est sorti ces jours en librairies et Léonie était au Salon du Livre à Genève pour le dédicacer.

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Je me suis toujours demandé s’il existait un gêne du dessin. Parce que si c’est le cas, tous mes cousins l’ont. Ce sont tous des artistes qui réalisent des affiches de grands festivals, des couvertures de CD, des tableaux des t-shirt … Tous les Noël, quand nous nous retrouvions autour du sapin, toute la famille découvrait les trésors de cadeaux qu’ils avaient faits eux-mêmes ; et chaque année je suppliais le tirage au sort de me destiner le cadeau de l’un d’eux. Finalement, Léonie est la seule qui est parvenue à en vivre vraiment, à publier des albums, à vendre des planches originales.

Cerf

SacAlors que je voulais encore devenir maîtresse ou vétérinaire, Léonie, vingt ans toute mouillée, quitte Genève pour Bruxelles et se lance sans trop y croire dans une école de BD. La Belgique est, paraît-il, plus propice au neuvième art, car les rues de sa capitale sont peuplées des ombres des grands prédécesseurs. Tintin, Lucky Luke, Yoko Tsuno, Thorgal veillent sur la jeune genevoise dans cette ville chargée d’histoire, même si elle-même a plutôt été bercée par des auteurs français. On y trouve « plus de passionnés, plus de collectionneurs et de libraires spécialisés, plus de gens qui ont réussi dans la BD ; et donc plus de motivation. »

Genève, Bruxelles, puis Anger et Paris : Pendant que l’adolescente que j’étais commence à rêver d’indépendance, ma grande cousine a déjà vécu dans quatre grandes villes européennes. Mais sa vie à ce moment-là est moins flamboyante que je me l’imagine depuis mon petit Lausanne : Léonie déprime en faisant un petit boulot alimentaire ennuyant. Ce moment est plein d’ironie : elle vend à la FNAC des palettes entières des polars suédois de Camilla Läckberg, sans savoir encore le chemin qu’ils emprunteront ensemble quelques années plus tard. Pour l’instant elle publie quelques petits projets, mais rêve grand.

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Le retour à Bruxelles est en quelques sortes son âge de raison (alors que, toujours avec mon petit complexe d’infériorité, je commence à peine l’uni). Comme si la ville l’avait attendue pour faire bouger les choses, tout se débloque. Elle publie « son bébé », Hoodoo Darlin’, un projet qui grandissait depuis longtemps dans un coin de sa tête. Elle s’est enfin prouvée à elle-même qu’elle pouvait y arriver ! Et dans la famille on aménage tous un rayon « Léonie » dans nos bibliothèques.

Léo dédicace

Etalage Salon

C’est là que ma cousine devient superstar de la BD (en tout cas dans ma tête). Casterman la choisit pour adapter les trois premiers tomes d’une série de polars suédois à succès : les fameux Camilla Läckberg, que Léonie vendait à la FNAC quelques années plus tôt. Pour ce travail elle collabore avec le scénariste Olivier Bocquet, qu’elle rencontre dans un cadre digne d’un de ces romans :

« C’est le milieu de la nuit dans une auberge de jeunesse de Göteborg. Le vent glacial souffle dans les rues désertes de la ville. Léonie et Olivier n’ont eu que quelques brefs contacts téléphoniques ; et pourtant, ils vont vivre une aventure unique et époustouflante. Les deux jeunes s’apprêtent à visiter ensemble la Suède de manière très peu conventionnelle, et raconter ce qu’ils ont vu dans trois BD bourrées d’intrigues et de suspense. »

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 La Princesse des Glaces sort en 2014, et fait un tabac, notamment en France. Le Prédicateur vient de sortir en librairies, et déjà les journalistes et les fans viennent la solliciter, et l’accaparent pendant que je tente vainement de l’interviewer entre deux séances de dédicaces.

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Léonie peut enfin se permettre de réaliser sa passion : « dessiner et vivre dans des mondes inventés ». En ce moment elle travaille sur le troisième tome de la série des Läckberg, Le Tailleur de Pierres, et planche sur d’autres projets encore top secrets. Elle partage son temps avec ses deux hommes : Thomas Gilbert, son copain lui aussi bédéiste, et Olivier Bocquet, son scénariste. Lui n’a pas été invité au Salon du Livre pour présenter Le Prédicateur : il faut croire que les scénaristes, c’est moins sexy que les bédéistes …

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Blog BD de Léonie 

Copyright dessins : Läckberg/Bischoff/Bocquet/Casterman

 Cet article a été réalisé par une contributrice, Pauline