Que serait un film sans sa musique ?

Dans son article sur 8tracks, Virginie se le demandait déjà: « pourquoi les moments importants de notre vie ne sont-ils pas mis en musique? Les héros de nos films préférés y ont bien droit, eux ». C’est vrai, ils en ont de la chance, ces héros. 

Imaginez, le temps d’une minute, un film privé de sa musique. Les images flotteraient devant nos yeux, les unes après les autres, sans ce petit brin de saveur que viennent ajouter la mélancolie d’un violoncelle ou la noblesse d’un solo de piano. Si la musique est une des clés primordiales d’un film réussi, elle passe parfois inaperçue dans les mérites que remporte la production. Complimenter le compositeur de la bande originale ne vient souvent que secondairement à l’esprit lorsque l’on sort ravi de la salle de cinéma. J’estime de mon côté qu’une musique adaptée sur-mesure peut contribuer facilement à relever le niveau d’un navet, tout comme un son bâclé peut malheureusement gâcher le plus incroyable des scénarios.

Certaines bandes originales ont été si reprises – à la télévision, dans tous les spectacles de danse de fin d’année ou encore remixées en version électro – qu’on en aurait presque marre, malgré leur qualité musicale indéniable. Lux Aeterna de Clint Mansell, les mélodies du Seigneur des Anneaux ou encore He’s a Pirate de Pirates des Caraïbes me viennent par exemple en tête. Mais il est si dommage que tant de musiques de film se laissent oublier aussitôt après avoir éteint la télévision. Vous me direz que ces mélodies et rythmes sont appréciables uniquement lorsqu’ils se conjuguent au feu de l’action fictionnelle; mais je vous recommande vivement de tester leur écoute en dehors, en pleine rue ou blotti dans votre lit. La faculté de notre cerveau à créer ses propres scénarios vous surprendra !

Pour vous évader quelques instants, je vous ai sélectionné trois extraits de musiques de film. Pas toutes neuves et moins populaires que les précédentes, elles ont tout de même à mon goût tous les ingrédients d’un bande son puissante et poignante.

Armand Amar – Home – Part 1, 2, 3, 4

Rappelez-vous, le film-documentaire Home (2009) exposait notre Planète Terre sous toutes ses coutures pour en montrer la splendeur et nous sensibiliser, pour le coup, à la protéger. Armand Amar, compositeur de la bande originale, a réussi, par son oeuvre, à magnifier des images déjà époustouflantes, en alliant des mesures classiques à des chants éthiques intrigants. Cette composition a été nommée « meilleure bande originale pour long-métrage documentaire » par l’International Film Music Critics Association, l’année de la sortie du film. Plongez dans les premiers morceaux de l’album en cliquant sur la playlist ci-dessous (écoutez Home Part 1 jusqu’à Part 4). Quatre mouvements s’enchaînant parfaitement les uns aux autres nous font passer d’un étrange cri arabisant à un decrescendo mourant sur quelques dernières notes au piano.

Steve Jablonsky – The Island – My Name Is Lincoln

La découverte de cet extrait m’a fait remarquer qu’une musique de film peut s’apprécier pleinement même lorsqu’elle est sortie de son contexte. En effet, je n’ai jamais visionné The Island (2005) et suis tout de même complètement accro à ces intenses quatre minutes. Un début mystérieux où des violons se répondent laisse sa place à des tambours battants, légers mais insistants, que des notes chorales viennent surplomber. L’atmosphère est à l’honneur, à la fierté, on ne sait pas trop… Ça sonne très américain, mais qui a dit que cela était une mauvaise chose? En tout cas, si j’étais une héroïne capable de changer le monde, je le ferais bien sur cette musique.

Hans Zimmer – Da Vinci Code – Chevaliers de Sangreal

Je ne pouvais pas terminer un article sur les musiques de film sans évoquer Hans Zimmer, véritable maître en la matière. Les bandes originales de Pearl Harbor, d’Inception, de Gladiator et même du Roi Lion sont autant de bébés Zimmer que l’on a tous appréciés un jour ou l’autre. Dans Da Vinci Code (2006), il mêle chants d’inspiration religieuse et rythmes typiques des thrillers. Le résultat est exaltant, voire angoissant par moments. Chevaliers de Sangreal est une véritable histoire racontée par quelques notes, soutenues par un accompagnement répétitif de cordes quasi obsédant et magnifiées par une montée en puissance continue et phénoménale. On se souvient alors de Robert Langdon courir au Louvres au beau milieu de la nuit et y découvrir l’emplacement tant convoité de la sépulture de Marie-Madeleine. Un accomplissement pour le symbologue charismatique comme pour Zimmer, qui encore une fois est parvenu à ravir nos oreilles.

Agathe