Escapade corse

Vous pensiez déjà souffrir suffisamment en luttant contre la canicule au travail ? Brace yourself, comme on dit, j’arrive avec un article qui empeste les vacances ! Promis, je ne serai pas trop méchante, 38 degrés, c’est déjà beaucoup à supporter.

Après son petit tour à Florence au printemps, Evasions Magazine s’est tourné vers la Corse pour débuter la période estivale avec brio. 10 jours et 2000 kilomètres en cabriolet ont suffi à lui livrer un aperçu de l’ADN de l’Île de Beauté. Dans ces quelques (longues) lignes, j’ai rassemblé des lieux, des expériences et des anecdotes qui, je l’espère, vous donneront envie de (re)découvrir une île déjà bien visitée par les Européens.

Des plages aux milles couleurs

Le titre sonne très conte de fées, j’en suis consciente, mais je n’ai rien trouvé de mieux pour exprimer précisément ce que nous ont dévoilé nos sauts d’une plage à l’autre. Du sable de toute épaisseur et couleur, des rochers, des petits galets: les sols des plages se déclinent presque à l’infini. L’eau joue elle aussi au caméléon en arborant fièrement des tons allant du bleu royal au turquoise clair. Si les paysages de carte postale nous en ont mis plein les yeux, c’est la propreté des abords et de l’eau qui a été la plus impressionnante. Les déchets se font rares et l’eau se vante d’une transparence à toute épreuve: on se baigne dans une piscine géante.

La plage de Pianattoli

Complètement obnubilés par les plages et les criques, nous (mon copain et moi) avons pu en découvrir une ribambelle, toutes aussi splendides les unes que les autres. Les plages très touristiques, comme celles de Palombaggia et de Santa Giulia (se situant les deux à une dizaine de kilomètres de Porto Vecchio) ont été de bonnes surprises. Nous nous attendions à des touristes entassés les uns sur les autres s’insultant pour trois centimètres carrés de sable fin. Si cela est bel est bien le cas en juillet et août, nous avons eu l’immense chance de tomber sur l’une des dernières semaines relativement calmes. Même expérience du côté de la plage de Lotu, au large de Saint-Florent. Cette dernière est la petite soeur de la plage de Saleccia, longue étendue se trouvant à proximité et où ont notamment été tournées des scènes du film Le jour le plus long (1962), relatant le débarquement de Normandie.

Plage de Palombaggia
La plage de Palombaggia
La plage de Santa Giulia
La plage du Lotu, Désert des Agriates
La plage du Lotu, Désert des Agriates

Mais c’est au nord du Cap Corse, aussi appelé « le doigt de la Corse », que notre coeur a élu sa favorite: la plage de Barcaggio (ou de Cala). Magnifique en elle-même, il faut savoir ici que les circonstances dans lesquelles nous l’avons découverte ont démultiplié son attrait. Au premier jour de notre périple, nous avons fièrement longé toute la côte est du Cap Corse, foulant des routes sinueuses susceptibles de donner le tournis à plus d’un, et nous réjouissions d’arriver à Barcaggio pour nous reposer enfin sur sa plage aux allures paradisiaques. C’est alors que, trois heures seulement après notre débarquement sur l’île, le ciel nous tombe littéralement sur la tête dans un violent orage. Arrêtés dans le port du village, la visibilité s’arrête à un mètre devant nous tant la brume est méchamment épaisse. Déterminés à attendre le retour du soleil de pied ferme (« en Corse, il est censé faire beau », me répétais-je sans cesse, un peu irritée), nous bouquinons quelques pages dans la voiture en essayant de ne pas nous affoler. Un peu plus tard, le ciel s’étant un peu dégagé, nous tentons le tout pour le tout. Nous agrippons linges et maillots de bain et prenons le chemin de la plage, sous le regard suspicieux des autres touristes. Nous nous trompons de chemin, saluons des vaches à côté de marécages que nous sommes alors dans l’obligation de traverser. Et là, des algues collées aux mollets et aux spartiates, nous apercevons la plage, majestueuse. Les vaches s’y reposent (pas partout, heureusement!), le sable encore mouillé est déjà très agréable et l’eau semble venue tout droit des Maldives. Et surtout, nous sommes entièrement seuls !

La plage de Barcaggio
La plage de Barcaggio

Les amis, si je continue à disserter sur les plages, vous ne finirez jamais de lire mon article tant je me serais étalée. Je clos donc le chapitre sur quelques photos de plages qu’il vaut absolument la peine de voir en Corse.

La plage d’Algajola
La plage de Nonza
L’une des plages de Propriano
La plage de Pinarellu

Côté gastronomie, c’est le pied

Si, en vacances, l’appel de votre estomac résonne aussi fort que celui de l’eau turquoise, vous trouverez sans aucun problème votre bonheur sur l’Île de Beauté. Les restaurants sont extrêmement nombreux, même dans des localités de petite taille, et la plupart des plats sont d’une qualité irréprochable. Nous n’avons pas beaucoup mangé de spécialités corses, car beaucoup d’entre elles sont faites à base de fromage (le Brocciu ou la tomme corse, par exemple) et nous ne sommes pas vraiment des mordus de la chose. J’ai cependant goûté au sanglier, viande rouge très goûteuse qui se laisse apprécier avec une sauce au rosé, des poivrons et des pommes de terre. Nous n’avons par contre pas lésiné sur le poisson et les fruits de mer. Nos papilles gustatives ont fait la fête quasiment 10 jours sur 10 en dégustant calamar, homard, saumon, moules, poulpe, etc. Des marinades à en rêver la nuit ont concurrencé l’irrésistible croquant de la cuisine frite. Au niveau des alcools locaux, nous en avons retenu trois. Les vins corses n’étaient, à notre goût, pas incroyables, mais cet avis découle probablement du fait que nous avons l’habitude des succulents breuvages valaisans ;).

Le Cap Corse, apéritif développé dès 1872 dans le nord de l’île. Elaboré à base de quinquina, une plante aromatique, son goût se rapproche de celui d’un Martini rouge, un soupçon plus raffiné et parfumé.

Le Casanis, pastis local à la base puisqu’il est fabriqué dès 1925 en Corse, avant de s’expatrier à Marseille.

Le Muscat pétillant, excellent vin doux à bulles que j’ai beaucoup apprécié déguster en apéritif, dans une fine coupe de champagne. Mesdames, vous apprécieriez sans aucun doute!

La Pietra, bière corse par excellence. Si l’originale, ambrée, est faite à base de châtaigne et a un délicieux goût corsé (c’est le cas de le dire), il en existe d’autres: deux blondes (la Pietra Blonda et la Serena) et une blanche (la Colomba).

Mais, à part la mer et la nourriture, que recèle encore la Corse?

La Corse, c’est aussi les Corses. Personnages au caractère bien trempé, ils savent ce qu’ils veulent, et par dessus tout ce qu’ils ne veulent pas. Très vite attachants, il suffit de leur montrer un minimum de respect pour qu’ils ouvrent alors grand leurs bras aux nouveaux venus (c’est du moins l’expérience que nous avons vécue). Les travailleurs du secteur touristique sont extrêmement accueillants et souriants, et discuter avec eux ne donne qu’une envie: revenir dans leur établissement. C’est d’ailleurs ce que font beaucoup de Suisses, en particulier les Valaisans, très appréciés des Corses. Il faut croire que les montagnes, l’alcool et la tendance indépendantiste créent des liens!

Oui, vous avez bien lu: les montagnes. La Corse en compte autant que ce qu’elle n’a de plages. Pas très hautes, certes, elles couvrent l’intérieur des terres d’une verdure et d’une fraîcheur agréables à expérimenter en été. Les routes y sont parfois rocailleuses et sinueuses, mais le bol d’air se fait salvateur. Les cols et les petits villages typiques viennent s’ajouter à une activité prisée des touristes que nous avons adorée: la baignade en eau douce. Les rivières offrent une ambiance intimiste, conjuguée à une eau parfois chaude dans laquelle il est facile de patauger gaiement. Nous avons adoré nous baigner dans le Fango, rivière de la région de Galéria, au nord-ouest, ainsi que tremper nos orteils dans l’eau de la Cascades des Anglais (elle était glaciale!), en plein coeur du pays, à la frontière entre les deux départements corses.

La Cascade des Anglais
Le Fango
Le Fango
Au-dessus de Vivario

Etablissements: nos deux coups de coeur

Avant de poser le point final, il m’a semblé indispensable de vous glisser à l’oreille deux excellentes adresses, toutes deux dénichées dans la ville de Porto Vecchio.

La Table de Nathalie, Porto Vecchio: au coeur de la ville, ce « bistro » sort troisième au classement TripAdvisor des meilleurs restaurants de la cité. Et nous avons vite compris pourquoi. Un couple de tenanciers très attachants (on entend souvent la femme interpeller son mari par un précieux « chéri?« ), une cuisine française et méditerranéenne très raffinée et des prix totalement corrects forment une équation à trois termes qui ne peut que mener au succès.

Hôtel San Giovanni, Porto Vecchio: affichant humblement ses deux étoiles, cet hôtel posté à 7 minutes du centre-ville en mériterait deux de plus. Au coeur d’un immense domaine vert, il offre des chambres très spacieuses avec une terrasse bénéficiant d’un accès privilégié au grand jardin. Le restaurant extérieur se niche sous un charmant pavillon de jardin, tandis qu’une agréable piscine, un jacuzzi et un court de tennis forment un cadre dynamique très appréciable.

La Table de Nathalie ©tripadvisor.com
Le soleil envahissant notre chambre à l’Hôtel San Giovanni

Quelques images et puis s’en va

Lever de soleil à Bastia
Le port de Calvi
Douceur sur la plage de Santa Giulia
Les falaises de Bonifacio
Le port de Bastia
Une crique découverte en faisant le tour du Cap Corse

Agathe