Quand l’hymne national s’offre un relooking

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Sur nos monts quand le soleil, annonce un brillant réveil, et…euh…la la la ? 

C’est bien connu : si les Helvètes peuvent fredonner du Stephan Eicher ou du Bastian Baker sans trop d’hésitation, côté chant patriotique, c’est autre chose. Dans les arènes de Wimbledon (Roger a perdu, mais ça aurait pu) ou devant un cervelas du 1er août, qu’on se le dise : notre Cantique suisse, on ne le maîtrise pas des masses.

Personnellement, quand je dois expliquer pourquoi je ne connais qu’une strophe de mon hymne (par exemple à ma correspondante équatorienne qui récitait le sien tous les lundis à l’école), je bafouille toujours que cette satanée chanson, elle ne nous parle pas beaucoup à nous, Suisses du XXIe siècle. Et que du coup, on a du mal à la retenir. Sí, sí, lógico.

Alors, la faute à des paroles vieillottes et une mélodie un peu plan-plan? En tout cas, un comité (CHymne) s’est mis en tête de dépoussiérer tout ça en lançant l’an passé un concours pour un nouveau chant national. Vous en avez peut-être entendu parler: plus de 200 apprentis-compositeurs ont tenté leur chance, et le jury (qui compte quand même la présidente de l’association suisse des yodleurs, c’est du sérieux) en a sélectionné un échantillon.

Vous avez donc jusqu’à la fin août pour réveiller le patriote qui sommeille en vous et choisir entre 3 versions (toutes traduites dans les quatre langues nationales). Les voici :

1) Bon, qu’on se le dise, ce n’est pas très folichon. On garde la même mélodie et on recommence. En même temps, il ne fallait pas s’attendre à du Calvin Harris non plus. « Soyons forts et solidaires », « renouvelons nos engagements d’antan » nous fredonne-t-on. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai un peu l’impression d’entendre une Suisse qui flippe de se voir de plus en plus morcelée. Pas franchement le message qu’on s’imagine hurler dans les stades.

2) Là, on sent déjà plus d’audace niveau ligne mélodique:  c’est un peu plus rythmé que le cantique classique. « Saisissons la chance de nos différences »: en mentionnant villes et montagnes, les paroles sont englobantes, ça me plaît. Par contre, on y a glissé une mention religieuse, ce qui ne correspond pas forcément au goût de tous.

3) La 3e proposition est carrément innovante…et du coup un peu plus compliquée à apprendre (mais j’avoue m’être surprise à la chantonner en écrivant ces lignes)! C’est assez gentillet, peut-être trop: les trois strophes contiennent le mot « rêve » et remercient « notre belle Patrie » de ses bontés. Mais le propre d’un hymne est peut-être justement d’enjoliver, quitte à faire un peu Disney.

Alors, laquelle vous verriez-vous déclamer, un Rivella à la main? Votre vote contribuera peut-être à offrir à notre chère Confédération la Marseillaise qu’elle mérite (en moins sanglant, on s’entend). Si bien sûr l’opération n’est pas avortée: une pétition « Pour sauver notre cantique » a déjà été mise sur pied (et même une page Facebook). Oui, il faut dire que le changement, même musical, les Suisses ont du mal.

Virginie