Êtes-vous atteint de FoMO?

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Ils sont tous là, souriants, un verre à la main à côté du grill fumant. «Trop bonne soirée avec vous ! », claironne la photo Facebook (smiley ou hashtag du style #summerfun à l’appui). Ça y est, je sens le picotement de la jalousie, la pointe du regret, l’urticaire de la frustration faire surface…

…les symptômes sont sans appel : je l’avoue, il m’arrive de souffrir de FoMO. C’est-à-dire de Fear of Missing Out. Dans la langue de Molière, cela signifie avoir peur de rater quelque chose, de ne pas être présent lors d’un événement-clé qui se présenterait à nous. Comme un barbecue super-méga-top (ou une fête de fous, ou la conférence du siècle…). L’angoisse de manquer l’opportunité de s’amuser, de créer des liens, de se faire une réputation ou des souvenirs mémorables.

Au cours des dernières années, on a diagnostiqué de plus en plus de jeunes gens atteints de FoMO (le mot à d’ailleurs été ajouté au Oxford English Dictionary en 2013). La faute à notre addiction aux réseaux sociaux, paraît-il. Sur Facebook ou Instagram, il est vrai, dur de s’empêcher de scroller frénétiquement pour voir défiler nos actualités (comme l’expérimentait Ellen dans sa semaine sans Smartphone). Du coup, on ne se compare plus seulement à son voisin de palier mais à des centaines de cyber-amis et à leurs vies trépidantes. Et du coup, on se sent assez nul de manger son bol de cornflakes seul devant la télé un samedi soir.
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Même si au fond, on en a envie, de son rendez-vous FrostiesTrue Detective. Et c’est bien ça le problème. Ce sentiment d’insécurité voire d’infériorité sociale, ce désir de faire partie d’un groupe, d’être admis au rang des cool kids, tout cela nous pousse à prendre part à des choses qui ne nous intéressent pas forcément (un barbecue avec des collègues à qui on a rien à dire, c’est moyennement tentant…mais ils avaient l’air de tellement s’amuser!) On évalue la valeur de notre quotidien, voire de nos choix de carrière ou modes de vie au moyen de critères qui ne sont pas les nôtres. Au risque d’oublier ce qui compte vraiment pour nous et ce à quoi on a vraiment envie de passer du temps.

Alors c’est vraiment grave, hein, docteur? Pas si on parvient à voir notre FoMO en face: il nous faut accepter qu’on y est sensible, mais aussi réaliser qu’il y aura des choses dans la vie que nous manquerons, inexorablement (tant qu’on aura pas trouvé le secret du clonage ou de la machine à remonter le temps à la Terminator). Notre vie est faite de choix, aussi tortueux soient-ils. Ainsi, notre parcours est unique et c’est cette individualité qu’il faudrait pouvoir célébrer plutôt que redouter.

babysidejournal.com
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D’ailleurs, on voit émerger la tendance inverse: la JoMO, ou Joy Of Missing Out. En gros, se soucier de ce que font les autres comme de sa dernière boîte de Rice Crispies (ils ne sont vraiment pas bons, ceux-là). « You’re too cool for FoMO« , nous assure cet article du magazine Elite Daily. La JoMO, c’est aussi se rappeler que cette vie excitante 100% friends & success n’existe vraisemblablement pas. Car derrière la photo du barbecue se cache peut-être une soirée ennuyeuse, des cervelas trop cuits et une dispute autour de la qualité déplorable des allumes-feu.

Et de toute manière, une fête sans vous ne peut pas être si réussie que ça, si?  

Virginie

(Pour un article hilarant sur le sujet par le Huffington Post, voir ici)