7 bizarreries féminines expliquées aux hommes

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Dressée sur des escarpins qui l’ont fait geindre toute la soirée, elle réalise enfin qu’elle n’a pas ses clés. À côté d’elle, son hôte perplexe pousse un long soupir d’exaspération. Il connaît déjà la suite; dans moins de trente secondes, elle plongera tête la première dans ce sac rempli à craquer (Pourquoi les sacs à main doivent-ils être aussi immenses ?) et en ressortira d’innombrables objets totalement inutiles. «Tu peux me tenir ça, s’il te plaît ?» Face à l’indéniable chaos du sac féminin, il ne reste qu’une solution possible : le retourner. Vider son contenu sur le paillasson. Et réaliser que les clés étaient en réalité dans la poche intérieure de son trench coat. Elle se tourne alors vers son hôte, légèrement embarrassée, et brandit sa dernière excuse possible: «C’est parce que tu me troubles.»

Bon, ne nous enfonçons tout de même pas dans les clichés. Ils n’ont pas lieu d’être. Chaque femme est entièrement différente et possède sa propre palette d’excentricités qui font d’elle une pièce unique. Cela dit, quelques-unes de nos « bizarreries » mériteraient d’être évoquées, d’autant plus qu’elles redressent fréquemment les sourcils de ces messieurs. Nous sommes par exemple les seules à s’infliger des talons aiguilles, à appeler notre sac « ma maison » et à utiliser le terme « chou » davantage que la plupart des mots de liaison. Nous ne le faisons pas toutes, évidemment. Mais bon, on est pas mal à le faire, avouons-le. Nous sommes et resterons toujours un mystère, si bien qu’il aurait fallu écrire quinze volumes des Hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus pour tout leur expliquer. Imaginons qu’on doive fournir aux hommes un «Manuel des habitudes la femme», histoire de rendre leur vie plus facile. Qu’est-ce qu’on y mettrait ?

Merci à tous les garçons serviables qui m’ont livré leurs « bizarreries » préférées! 

Chapitre 1 : Le syndrome Mary Poppins

«Une femme ne trouve jamais rien dans son sac», rechignent-ils constamment. Dans certains cas, ils ont raison: il existe un syndrome tout particulier qui touche les meilleures d’entre nous, celui de Mary Poppins. Comprenez, chers messieurs, que le sac à main d’une femme constitue la seule arme dont elle dispose pour affronter la journée qui l’attend. Il doit donc contenir une solution toute prête et immédiatement employable à chaque catastrophe potentielle. Je m’explique. Un portefeuille et un téléphone ne suffisent pas, ô que non. On a besoin également de notre ordinateur, du chargeur de l’ordinateur, d’un stick à lèvres, d’un gel désinfectant, d’une minuscule trousse à maquillage (on ne sait jamais), d’un paquet de mouchoirs, d’une barre de céréales, de notre Ipod… Souvent, on réussit même à engouffrer notre magazine préféré par-dessus tout le reste. Et hors de question de sortir sans notre sac! Il complète la tenue, rassure notre épaule de son poids habituel. Quand il semble plus léger que la veille, une petite vague d’angoisse nous saisit, «ah, aurais-je oublié quelque chose ?» Quoi qu’on y range, un sac est un compagnon de vie, un assistant compréhensif et performant qui connaît chacun de nos besoins. Mais dès qu’il s’agit de retrouver un objet particulier, disons une clé, ce n’est pas toujours facile. (Et d’ailleurs, ces messieurs ne les retrouvent pas toujours facilement non plus. Apparemment ça ne dépendrait pas du sexe, mais du sac.)

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Chapitre II : L’affliction des talons hauts

Oui, nous savons que nous nous plaignons un peu, quand nos pieds paient le prix de notre élégance. Les adeptes de talons le savent: la phrase «Ne marche pas si vite, j’ai mal aux pieds » est constamment sur le bout de nos lèvres, lorsqu’à la fin d’une soirée nous essayons de tenir debout sans grimacer. Vous devriez savoir, si vous ne le savez pas déjà, que nous n’exagérons point notre douleur. Il y a des soirs comme ça, où même les grandes habituées des talons aiguilles grognent discrètement en se frottant le bas du dos. Et ne parlons même pas des novices pour lesquelles danser et courir devient simplement inimaginable. Pourquoi s’infliger ce supplice, demandez-vous? C’est très simple: parce que les talons font des miracles! Ils galbent les jambes, accentuent les atouts, donnent une allure supplémentaire à la tenue entière et crient fièrement «je suis une femme fatale, j’assume!» Qu’on les porte pour vous plaire, pour se sentir maîtresses d’une situation ou pour ressembler à Kate Moss, l’effet y est: le talon nous fait gagner dix centimètres supplémentaires, à la fois en confiance et en posture. Notre perspective du monde change totalement. Nous sommes plus grandes et en plus, t’as vu, je sais marcher sur des talons. Personne ne soupçonne qu’il y a deux heures à peine, je m’entraînais en peignoir à marcher sur mes nouvelles échasses. D’ailleurs, ça, vous n’étiez pas obligés de le savoir…

Chapitre III : L’étonnante multifonctionnalité

Il s’agit peut-être d’un énorme cliché, mais plusieurs garçons m’ont parlé de la multifonctionnalité féminine. Vous avez déjà vu une fille passer l’aspirateur, arroser une plante et parler au téléphone simultanément ? «Attends deux secondes, Sarah, je passe juste l’aspi, il y a un mouton de poussière là.» Non, je plaisante, c’est un tout petit peu exagéré quand même. Nous ne sommes pas toutes des maniaques de la propreté (gare aux stéréotypes !) N’empêche que je suis la première à avouer qu’il m’arrive de disserter sur un poème de Prévert pendant que je vide le lave-vaisselle. Je ne peux plus compter les fois où j’ai vu des amies se vernir les ongles des pieds en écrivant un SMS, repasser des chemises en étant totalement concentrées sur un épisode de Breaking Bad. C’est bien connu et ce n’est pas pour rien: les femmes sont multitâches. Elles arrivent à pianoter sur l’écran de leur Smartphone tout en écoutant avec attention ce que leur raconte la voisine. Sûrement sont-elles impatientes et qu’au lieu d’attendre de faire les choses bien, elles préfèrent tout faire en même temps. C’est comme ça. (Girl power: il fallait bien que je le glisse au moins une  fois.)

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Chapitre IV : La manie du miroir humain

« J’ai l’air de quelque chose, là? », « Ce pantalon ne me grossit pas trop? » Que de questions que certaines d’entre nous posent perpétuellement. Nous vous transformons avec grand plaisir en miroir de poche (bien que nous en ayons toujours un dans notre sac Mary Poppins.) Vous ne le savez certainement pas, mais un joli rouge à lèvres à la Natalie Portman peut rapidement se transformer en maquillage de Joker si nous ne prenons pas garde à le traiter avec candeur. Et pourquoi toutes ces questions? C’est pourtant très simple: votre avis nous importe. Cela ne signifie pas que nous nous habillons uniquement pour vous plaire, ô que non. Le choix d’une tenue est avant tout une manière de refléter notre personnalité, de nous sentir à l’aise et d’explorer notre créativité. Mais si nous prenons la peine de vous demander si notre allure du jour vous plaît, c’est simplement parce que votre opinion nous intéresse.

Chapitre V : L’abus du terme « chou »

« Oh, Caro, ton écharpe est vraiment trop choue! » Vous connaissez certainement cette phrase, surtout si vous résidez en Suisse romande. Cette simple syllabe monopolise le discours de certaines filles et il arrive que quelques garçons se froissent légèrement lorsque leur nom est suivi de trop près par cet étrange adjectif. Oui, parce qu’une licorne, c’est chou. Un petit chien, c’est chou. Mais un homme? Un homme n’est pas chou. Un homme, c’est viril, c’est fort, c’est intelligent, c’est… Mais ce n’est surtout pas chou. N’est-ce pas? Écoutez, ce n’est pas plus compliqué que cela: le terme chou est un fabuleux raccourci qui rassemble dix-neuf adjectifs en un. Il veut simplement tout dire, selon la situation et selon nos besoins. En utilisant ce mot, on s’épargne une recherche assidue d’adjectifs moins spontanés tels que « mignon », « joli », « attendrissant », « généreux », « compréhensif », j’en passe. C’est une sorte de code, voyez-vous, et son utilisation ne sous-entend que du positif. À moins que la femme en question parle de vos biceps: là, il va falloir vous poser des questions.

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Chapitre VI : Le débordement de l’émotion

Ah, ça y est, elle a sorti les kleenex. Vous n’avez pas encore vidé la moitié de votre bac de pop corn qu’elle verse déjà une petite larme discrète. Mes précieuses sources masculines ont été plusieurs à mentionner cette émotivité débordante. Personnellement, je ne pense pas que les filles soient forcément plus sensibles que les garçons, mais simplement qu’elles montrent plus facilement leurs émotions. Si nous pleurons devant Grey’s Anatomy ou si nos yeux s’humidifient lorsque nous voyons un très vieux chien tenter en vain de rattraper son maître, c’est peut-être parce que nous osons l’avouer. Notons également que certaines d’entre nous sont simplement plus émotives que d’autres. Croyez-moi, si je pouvais vous expliquer pourquoi ce même film, visionné une bonne cinquantaine de fois, m’arrache toujours autant de larmes, je le ferais sans plus attendre. Parfois la femme constitue un mystère également pour elle-même.

Et puis nous ne sommes pas (toutes) des pleurnicheuses! La preuve: Charles Aznavour, dans son intemporel et sublime « She », chante avec assurance les paroles suivantes: « She who always seems so happy in a crowd ; Whose eyes can be so private and so proud; No one’s allowed to see them ; When they cry » ♥

Chapitre VII: L’indétrônable routine spa

Il semblerait que les magazines féminins, comédies romantiques et autres chaînes Youtube vous ont efficacement infusé cette idée dans la tête: quand une fille rentre chez elle après une longue journée et qu’elle cherche à se détendre, elle s’enferme dans la salle de bains. C’est alors qu’elle se consacre pleinement à une demi-heure de manucure, à quinze minutes de soins du visage et autres gommages corporels… Méfions-nous des clichés. D’accord, nous sommes nombreuses à aimer prendre soin de nous pour chasser les soucis du quotidien, mais il ne s’agit absolument pas d’une corvée supplémentaire. Pour certaines d’entre nous, une bombe de bain Lush est aussi relaxante qu’une pose minutieuse de vernis. Vous savez, il s’agit d’un moment privilégié lors duquel le monde extérieur ne peut plus nous importuner, une courte minute d’égocentrisme pur qui a le pouvoir de nous ressourcer de la tête aux pieds. (En plus, le lendemain, on aura la peau toute douce.) Cependant, ce n’est pas l’unique manière de nous détendre. Par exemple, on aime bien pratiquer le krav-maga aussi!

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Il aurait été impossible de faire le tour de toutes les habitudes féminines qui demeurent un mystère pour ces messieurs. Impossible également d’éviter tous les clichés disponibles en la matière. Mais les particularités de chaque femme font d’elle un exemplaire unique, un concentré de surprises, incompréhensible parfois, indispensable toujours. Avouez qu’avec nous, il est difficile de s’ennuyer.

Ellen