La subtile collection de sacs Mädi

©Mädi – Crédit photo: Baptiste Coulou

Aujourd’hui, Evasions a le plaisir de débuter une nouvelle collaboration, avec le blog Rose PoudréeSa fondatrice y livre ses coups de coeur et ses découvertes, principalement dans les domaines de la création suisse et de la mode. Dans ses articles, Miss Rose Poudrée invite souvent des créateurs à prendre la parole et à dévoiler leurs secrets, à travers des interviews. Chaque premier dimanche du mois, elle publiera gracieusement une contribution sur Evasions. Nous vous en laissons découvrir la première!


La Haute école d’art et de design de Genève (HEAD) est une fabrique à talents. La jeune créatrice Jennifer Berger, tout juste diplômée, en est la preuve et a tout pour plaire. Son travail a été présenté lors de la dernière édition des Desing Days au pavillon Sicli à Genève, en septembre dernier, et a provoqué chez moi un véritable coup de coeur.

La jeune femme met en avant l’art populaire et traditionnel suisse, et interroge sur la place que celui-ci occupe dans notre société, aujourd’hui. Que fait-on de cette culture? Comment les jeunes designers d’aujourd’hui peuvent se l’approprier? Que raconte-elle? Elle met l’artisanat suisse au coeur de ses recherches créatives, et cet art populaire devient l’ADN de son travail.

Les découpages de papier du pays d’Enhaut passionnent tout particulièrement Jennifer Berger. Ils sont d’une précision quasiment chirurgicale, fragiles et aussi délicats que de la dentelle. Les designers d’aujourd’hui ont sans nul doute beaucoup à apprendre de ce type de discipline. L’exercice requière une maîtrise extrême de la matière, une patience sans faille. Ces motifs questionnent également sur les images que l’on peut se faire de la Suisse. Le travail de la designer est également une recherche sur le motif floral et horloger, une combinaison des deux pour inventer de nouveaux ornements et les décliner à l’infini.

©HEAD/Batiste Bourdon – Crédit photo: Baptiste Coulou

Ainsi, ce nouveau symbole deviendra un fermoir. Il ne sera pas seulement beau, mais deviendra utile et indispensable au mécanisme de fermeture de l’objet.

©Mädi – Crédit photo: Matthieu Spohn

C’est ainsi qu’est née Mädi, première ligne de sacs à mains en cuir. Du premier coup d’oeil, on reconnaît les codes traditionnels de notre pays, l’esprit horloger est présent également. Ce bel assemblage de tradition revisité et de modernité donne un résultat probant, sobre, audacieux et réussi. Mädi nous parle d’identité, de culture populaire, de respect de l’artisanat.

Jennifer Berger est une créatrice inspirée qui mélange les codes avec intelligence et finesse, et qui, de plus, nous offre un premier shooting de toute beauté.

Une fois de plus, la relève est assurée…

INTERVIEW de Jennifer Berger

Comment sont nés vos sacs?

Tout d’abord par amour pour l’accessoire, et plus particulièrement le sac. Issue d’une formation de bijoutière, je vois dans la composition du sac une multitude d’éléments pouvant devenir des ornements, tel un bijou. C’était une envie que j’avais depuis longtemps. À travers mon travail de diplôme, j’ai pu enfin concrétiser ce souhait. Attirée par l’art populaire suisse, Mädi est donc née de l’envie de créer une ligne de sacs à main en hommage à la Suisse, pour un public aimant la nouveauté (fashion) et privilégiant la qualité au prix.

Que nous racontent-ils?

L’art traditionnel suisse me touche, et plus particulièrement les découpes de papier du Pays d’Enhaut. Ces tableaux constituent une sorte de langage visuel un peu dépassé, une forme d’idéalisation d’une Suisse qui n’est pas celle de tout le monde. Afin de raconter une histoire accessible à un plus large public, mais aussi pour me détacher des tableaux de découpes, j’ai imaginé des symboles plus contemporains. Les sigles représentés sur mes sacs sont inspirés de l’industrie suisse (horlogerie et pharmaceutique). Je me suis amusée à les assembler de sorte que le symbole s’efface et devienne une sorte d’ensemble floral.

Quel est le mécanisme de fermeture et comment vous est venue cette idée?

Il était important pour moi d’intégrer ces symboles de manière à ce qu’ils aient une fonction au-delà de l’ornemental. C’est pourquoi ils font partie du mécanisme d’ouverture, des éléments d’attaches, etc. J’ai donc cherché à ce que le mécanisme fasse partie intégrante du sac et devienne un élément de décoration. Le développement exact est un long processus de recherche à travers l’écriture, le dessin et une multitude de maquettes en papier. Les éléments se sont assemblés au fur et à mesure de mes recherches, jusqu’a ce que le tout fasse sens.

Un designer suisse que vous admirez?

Difficile de n’en citer qu’un. Je pense tout d’abord à Isabelle Mayer, l’une des gagnantes du Swiss Design Award, que j’aime pour son univers mode très féminin teinté d’humour. Mais aussi à Pia Farrugia pour ses bijoux plein de poésie, également gagnante du Swiss Design Award, issue de la HEAD.

Quels projet après la HEAD?

Plusieurs projets se profilent gentiment, mais je reste ouverte à tout changement. Ma collection de diplôme n’étant qu’un début, je vois en elle un potentiel commercial. A l’avenir, je souhaite développer ma ligne de sacs à main Mädi, mais cela suscite une certaine mise en place qui va prendre du temps. Mais surtout, il est important pour moi de garder un pied dans le monde industriel, c’est pourquoi parallèlement à mes divers projets artistiques, j’ai obtenu un poste de designer accessoire pour une marque de mode italienne.

©Mädi – Crédit photo: Matthieu Spohn
©Mädi – Crédit photo: Matthieu Spohn
©Mädi – Crédit photo: Matthieu Spohn
©Mädi – Crédit photo: Matthieu Spohn
©Mädi – Crédit photo: Matthieu Spohn

Miss Rose Poudrée – www.rosepoudree.ch

©Rose Poudrée