Quand les chaussures se font responsables

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©Nisolo

D’une voix fraîche, il lui suffit de laisser s’échapper quelques phrases pour que nous comprenions: Florence, c’est le dynamisme à l’état pur. Celui qui stimule, qui dépasse le routinier. Celui qui fait bouger les choses.

A tout juste 26 ans, cette Valaisanne jongle entre une fibre entrepreneuriale certaine et un enthousiasme remarquable. Depuis plusieurs mois, Florence s’attelle à donner vie au projet de son coeur: revendre en Suisse des produits en cuir fabriqués au Pérou, à la main. Des bottines à lacets, des chaussures bateau, des spartiates, des ballerines, mais aussi des sacs et des ceintures font, notamment, partie du choix qu’offre Ermanos. Le nom de son entreprise fait d’ailleurs un clin d’oeil aux manos, ces mains talentueuses qui, à l’autre bout de la terre, ont pris le temps et le soin nécessaires à la fabrication des produits.

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La créatrice d’Ermanos, Florence Maurer. ©Agathe Seppey

Le premier chapitre de l’histoire s’écrivait il y a plus de deux ans. Dans le cadre de ses études à l’Ecole hôtelière de Lausanne, Florence saisit, en 2013, l’opportunité de s’envoler pour un stage à Trujillo, au Pérou, dans une manufacture de chaussures, pour le compte de Nisolo. Cette société vend aux Etats-Unis les paires fabriquées à Trujillo, afin d’offrir des emplois fixes aux travailleurs, dont la compétence et l’habileté relèvent d’une précieuse tradition. Durant six mois, Florence intègre l’administration, et s’occupe, entre autres, de l’instauration du paiement des salaires. « En rentrant, j’étais hyper marquée par cette expérience », raconte-t-elle. Son idée est alors née: « j’ai voulu voler de mes propres ailes en créant ma propre entreprise, Ermanos », explique la jeune femme.

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Les fabricants, à Trujillo (Pérou). ©Nisolo

L’identité d’Ermanos s’est alors précisée: la revente des chaussures Nisolo, entre autres, sur sol suisse est un tremplin pour « promouvoir l’artisanat, créer de la valeur dans les régions défavorisées, tout en usant d’un mode de commercialisation original et alternatif », précise Florence. De retour à Sion (VS), sa ville natale, depuis 2015, elle y a développé son projet depuis son bureau à l’Espace Création, un incubateur de start-ups où conseils et compétences s’échangent profitablement entre jeunes entrepreneurs.

©Nisolo

Concrètement, pour vendre ses produits, la Valaisanne désire privilégier en premier lieu le « contact direct avec le client ». C’est pourquoi elle désire ouvrir un concept store, à Sion. Le stock de produits, son bureau et une showroom cohabiteraient dans un même lieu, avec, probablement, d’autres commerçants. Pas de panique pour les gens qui habitent loin du Valais: Florence a créé un site Internet où les produits peuvent d’ores et déjà être commandés. Le stock, lui, arrivera ce printemps.

D’ici là, une soirée de soutien est organisée le samedi 30 janvier prochain, au Théâtre Interface, à Sion. Vous pourrez y repérer la paire de chaussures de vos rêves, la commander, discuter avec Florence, participer à plusieurs autres surprises… et par la même occasion, soutenir la création du concept store et l’achat du stock d’Ermanos. Plutôt pas mal, non?

Agathe

www.ermanos.com
www.facebook.com/ermanos