Salutations au soleil et chiens-tête-en-bas

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Les pros du Yoga semblent constamment entourés d’un halo de sérénité et de concentration. On dirait qu’ils maîtrisent tout, que leur posture est toujours juste et que chacun de leurs gestes est plus précis que les nôtres. Les novices les envient; ils semblent avoir compris quelque chose que les autres n’ont pas encore tout à fait saisi. « On ne peut pas faire du Yoga. Le Yoga est notre état naturel. Ce qu’on peut faire, ce sont des exercices de Yoga qui révèleront de quelle manière nous résistons à notre état naturel », estime Sharon Gannon, co-fondatrice de la méthode Jivamukti Yoga (Cliquez ici pour en savoir plus). « Retrouver son état naturel » ça semble plutôt pas mal, non? En plus, il paraît que ça renforce les bras, accroît la capacité des poumons, réduit le stress, augmente la libido…

L’idée d’unifier le corps et l’esprit résonnait plutôt comme un rêve utopique et irréalisable. Je me répétais sans cesse que « bientôt » j’allais m’y mettre: laisser un peu la cardio de côté pour me concentrer davantage sur la gymnastique de l’esprit. Et peut-être (who knows?) me débarrasser de ces rougissements imprévus en prenant conscience de ma respiration, ou trouver le moyen de ne pas perdre mon sang froid quand, écrasée contre la vitre du tram, j’ai l’impression que la foule va m’étouffer… Mais je ne m’y mettais jamais. Donc bon, il fallait bien se lancer. Et hors de question de commencer avec Youtube! L’ordinateur n’est qu’une voix creuse qui ne corrige pas votre posture quand vous vous trompez et ne vous demande pas de redresser le bras lorsqu’il s’affaisse. Ca n’allait pas suffire; un vrai cours de Yoga, s’il vous plaît! Et après maintes semaines de « on devrait y aller un de ces jours, ça a l’air cool », nous y sommes allées.

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Premières impressions d’une novice

Installée sur mon tapis, à côté d’une véritable pro qui réussissait chaque mouvement (mais alors absolument tous, jusqu’au plus complexe retroussement d’orteils!), la curiosité mit un peu de temps à vaincre l’embarras. « Bon, au moins si j’ai l’air d’un sac de patates, personne ne me verra », me dis-je. Car apparemment, le but est quand même de garder les yeux fermés et de se concentrer sur soi-même.

Le cours de Yoga m’a paru très différent d’un cours d’aérobic dans le sens où personne ne se juge et personne ne se compare. Il ne s’agit pas de tenir jusqu’au bout sans s’écrouler, mais de vivre une expérience personnelle, de sentir les muscles du corps s’étirer, chauffer, se détendre. Sans trop se forcer. D’ailleurs, Alexandra (c’est la prof, vous verrez plus bas, elle est super!) répétait souvent « Quand c’est assez, reposez le bras. » À ce que j’en ai compris, inutile de souffrir comme une bête, mais il faut tout de même que ça tire pas mal. Et peu importe ce qui se passe autour de nous, la respiration doit rester notre unique point de focus. Si l’esprit se met à vagabonder, il s’agit de le ramener de force au bruissement de notre souffle et au gonflement de nos poumons. Très difficile au début (je me mettais inconsciemment à penser à mon dîner de la veille), cet exercice est devenu un peu plus aisé vers la fin de la séance.

Il faut dire que j’ai pris conscience de certains muscles dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Aussi sentais-je qu’ils étaient sollicités différemment que d’habitude. Le tiraillement des épaules et des cuisses ne ressemblait en rien à celui que j’éprouve normalement, dans la salle d’aérobic. Le simple fait de se concentrer sur sa respiration et sur les sensations qui résultent des positions de Yoga ramènent à notre attention ces parties plus délaissées de notre corps. « Coucou, on est là! », nous susurrent-elles gentiment alors qu’on tente tant bien que mal de produire une position du « chien-tête-en-bas » correcte.

Et je ne vous parle même pas du lendemain! À peine extirpée de mon lit, je le sentais déjà: des courbatures?! Mon premier réflexe fut de lâcher un « Oh non, mais la honte! » Avec mes trois heures de sport par semaine, je ne comprenais pas comment une seule séance de Yoga pouvait me donner des courbatures. En réalité, ce n’était absolument pas la même chose; je sentais uniquement des muscles qui ne me font absolument pas mal d’habitude. Les petits noeuds persistants dans le haut de mon dos semblaient scandalisés par ce que je leur avais infligé: « T’as essayé de nous éradiquer, tiens, prends cette douleur punitive! » On aurait dit que le Yoga avait trouvé mes petits points faibles et les avait attaqués…

J’en suis venue à la conclusion que le Yoga peut en effet faire des miracles, à condition de s’accrocher et de le pratiquer très régulièrement. Je sais très bien que d’ici quelques jours, les noeuds dans mon dos reprendront le dessus et oublieront cette brève tentative d’élimination. Personnellement, j’ai l’impression qu’il me faut davantage d’efforts physiques pour être satisfaite et que j’aurais du mal à m’asseoir calmement sur un tapis plus d’une fois par mois. Mais je pense que le Yoga peut devenir un précieux outil à emmener partout avec soi, un bouclier contre le stress du quotidien. Et oui, je crois les « yogaddicts » sur parole quand ils affirment que cela a changé leur vie.

L’avis de Virginie
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« Pour moi, le yoga, ça a toujours été une série de clichés (du genre position du lotus et méditation sur une musique asiatique monocorde). Finalement, j’ai été surprise de découvrir que le yoga, c’était surtout beaucoup de concentration. Si physiquement, ça ne nous fait pas nous tordre de douleur, le travail semblait ailleurs: arriver à contrôler, à maîtriser son corps, chacun de ses mouvements mais aussi son esprit. Et devenir conscient de trucs tout bêtes comme sa respiration, mine de rien, ce n’est pas évident. Mais dans le tourbillon du quotidien, ça fait du bien de se recentrer sur soi pendant une petite heure! »

Yoga sur Herbe (Genève)

Franchement, pour un tout premier contact avec le Yoga, je n’aurais pas pu rêver mieux. L’été, le cours Yoga sur Herbe se déroule en plein air, les orteils fermement plantés dans un doux tapis vert. L’hiver, c’est en intérieur que ça se passe, dans une jolie salle très agréable. Tout le matériel est fourni et le cours se donne sur donation uniquement; un peu comme lorsque les troupes de théâtre font passer le chapeau à la fin de la pièce. L’ambiance est si « chill » qu’il devient facile de laisser son quotidien de côté pour se ressourcer et écouter son corps. Il s’avère qu’il a des tas de choses à nous dire… 12094988_1278299882195827_4601701885234105601_o

Site officiel de Yoga sur Herbe ♥

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J’ai suivi le cours du dimanche matin donné  par la jolie Alexandra, que je connaissais déjà. Je pense qu’à nouveau je n’aurais pas pu rêver mieux; elle possède selon moi une voix qui rendrait verte de jalousie toute prof de Yoga francophone. Très patiente (même avec les novices comme moi qui ne placent jamais leurs pieds comme il faut…), très claire dans ses explications, Alexandra est capable d’instaurer un climat de « zenitude » même à trois cent kilomètres de sa salle de Yoga. Et à ce jour, je ne sais toujours pas comment elle fait…

Ellen