Raconte-moi…ta vie de vagabond

Freedom!

Parfois, au gré des hasards, on croise la route de personnalités originales, colorées, de celles qui nous marquent et nous inspirent. C’est le cas de Peter: un ami qui a fait le choix de vivre une vie de nomade, hors des sentiers battus, hors des sentiers tout court. 

C’est qu’il y a cinq ans, il a troqué les bancs de l’Uni pour les voyages au bout du monde; la routine pour l’aventure; la sécurité pour l’incertitude. A présent, il fait une petite halte pour créer sa propre plateforme en ligne et y partager ses expériences. Raconter un peu à quoi ça ressemble, la vie d’un vagabond des temps modernes.

Quand j’ai connu Peter, on avait 14 ans. On était de vrais ados, ceux qui ont encore les joues rondes de l’enfance (mais plus la jolie peau) et qui essaient désespérément d’être cool, de se fondre dans la masse.

Ça, c’était moi. Pas lui. Déjà à l’époque, Peter était ce que j’appellerais un « esprit libre ». Il ne venait pas tout le temps en cours (assez brillant pour se le permettre), traînait souvent dans les parcs et faisait de drôles de théories. Je me souviens qu’un jour, au beau milieu d’une fête, il était parti s’isoler au fond du jardin pour installer son hamac entre deux arbres et y faire une turbo-sieste. Il nous avait alors expliqué qu’il ne dormait plus que par tranches de 20 minutes, parce qu’il avait décidé de tester un cycle de sommeil alternatif. Ça avait laissé l’ado que j’étais à la fois décontenancée et sacrément admirative.

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Depuis, ses virages à 180° n’ont cessé de me surprendre et me fasciner. À commencer par ce premier jour de la quatrième du collège, lorsqu’il a annoncé qu’il quittait définitivement l’établissement pour étudier en autodidacte. Une décision radicale et pourtant mûrement réfléchie: « Je sentais que l’école me bouffait la vie, que je n’avais pas assez de temps pour mes réflexions profondes, pour me développer moi-même« , m’explique Peter. 

Évidemment, sa prof est choquée, ses amis soufflés et sa famille pas franchement emballée par l’idée. On commence même par le mettre dehors. Mais Peter sait que quelque chose l’attend, là-dehors, qu’il doit étendre ses horizons et plus que jamais, il a la bougeotte. « Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours voulu changer le monde. Mais j’ai compris qu’avant de le changer, il me fallait l’étudier, le comprendre ». 

Du coup, deux ans plus tard, il quitte tout. Peter s’envole pour Pékin et commence une farandole (que dis-je, un vrai défilé) de voyages: Sri Lanka, Islande, Singapour, Russie, Népal, Oman…En gros, il parcourt en quelques années plus de 30 pays, de l’Europe à l’Amérique du Nord, de l’Asie au Moyen Orient. Et quand je dis voyage, c’est du vrai. Pas du style Airbnb-taxi-petits-restau. Plutôt prises-de-risques-belle-étoile-et-autochtones. Le genre d’expéditions qui l’a emmené tour à tour voguer sur un voilier pour étudier les dauphins de l’océan Indien, dormir dans une prison birmane, ou encore participer à une révolution étudiante à Taïwan.

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Un mode de vie au jour le jour, financé ici et là par des boulots ponctuels (mais toujours enrichissants), que Peter qualifierait de « SDF 5 étoiles ». L’idée: se laisser porter par le lieu, l’activité ou la compagnie du moment. Et advienne que pourra.

La seule chose constante est l’écoute attentive de mon intuition, aussi folle qu’elle en ait l’air. Il s’avère que la plus grande folie de notre temps, c’est l’idée de la normalité.

Pour moi, le parcours de Peter, c’est exactement ça: le grain de folie qui sommeille en (presque) chacun de nous, mais que l’on enfouit soigneusement sous des piles de raison en boîte. Le rêve dingue de prendre son vieux sac à dos et de partir sans se retourner, sans savoir trop où aller. Cette envie de se détacher des standards, de ce que l’on a toujours imaginé pour soi-même, et de voguer au rythme des rencontres et des découvertes. « La réalité est que nous avons tous le choix, mais que la plupart d’entre nous avons trop peur du risque de ‘ne pas réussir’. Réussir à quoi? Une vie sans risque? » questionne-t-il. Puis il cite l’écrivaine américaine Hellen Keller: ‘Life is either a daring adventure, or nothing’.

Je ne sais pas si j’aurais le courage, la force de caractère ou le culot de faire la moitié de ce que Peter a fait ces quatre dernières années. Mais il va sans dire que j’ai énormément de respect (et toujours une pique d’envie) en lisant ses updates sur Facebook, lorsqu’il retrouve du réseau après des semaines dans la brousse.

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J’ai donc été plus qu’excitée lorsqu’il a annoncé qu’il créait, avec l’aide de quelques amis, Peterpan.in: un site où il pourra raconter, à travers un blog, des photos, des podcasts, ses aventures épiques autour du globe. Et pourquoi pas, par la suite, un livre. Ce gros projet, financé grâce à une campagne kickstarter (qui a déjà rassemblé plus de 70 contributeurs!), vise à faire voyager un peu les internautes. Et, avant tout, à partager avec eux sa philosophie, ses expériences, ses découvertes.

Le plus dur, c’était de savoir que toutes ces histoires incroyables restaient dans ma tête. Que ces dizaines de milliers de photos, vidéos et enregistrements restaient sur mes disques durs. Avec le temps, ça m’a rendu amer. Je ne voulais pas garder cette richesse pour moi seul.

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C’est donc un rythme un poil plus sédentaire qui s’annonce pour notre Peter Pan globe-trotteur. Pour l’instant. Car il y a fort à parier que le virus de l’escapade le rattrapera bien assez vite. On ne se débarrasse pas de ces petites bêtes si facilement.

Virginie

-Jetez un coup d’oeil au site internet de Peter: peterpan.in 

-Si vous souhaitez participer à la campagne kickstarter, c’est ici