Quand les chansons nous parlent…vraiment

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Une chose est sûre: je n’ai pas toujours besoin de paroles profondes pour aimer chanter un morceau (d’ailleurs, ceux qui me côtoient trop en ce moment s’en sont rendu compte puisque je fredonne « Sapés comme jamais » de Maître Gims à toute heure du jour et de la nuit). Il y a des groupes que j’adore et auxquels je pardonne volontiers des paroles trop sirupeuses, parce que leurs mélodies suffisent à m’emporter. Et il y a toujours ces tubes estivaux aux beats de fou, qu’on envoie sur la terrasse à fond la caisse, sans se formaliser des âneries que baragouine la chanteuse.

Mais il n’y a rien de plus beau que lorsqu’une chanson, en plus de nous séduire avec une suite d’accords, parvient à nous toucher par son texte. Quand les mots se mêlent aux notes pour faire vibrer une corde sensible et résonnent en nous de manière particulière. Soit parce que le sentiment, l’expérience véhiculés nous renvoient à ce que l’on est en train de vivre (ou que l’on a vécu), ou alors parce que le message que l’on y décèle sonne simplement juste.

J’ai donc choisi de partager ici une petite dizaine de morceaux (anglais et français) dont les paroles m’ont marquée, inspirée ou m’ont donné à réfléchir. En espérant que certains vous parleront à vous aussi, ou, à défaut, vous feront passer de chouettes moments musicaux (oui, parce qu’à la fin, c’est aussi ça qui compte).

  • Take Your Guess – Tom Rosenthal

« I didn’t walk how you said I should walk
I walk how I do walk, and that’s fine
It didn’t go how you said it would go 
It went how it did go, and that’s fine »

C’est tout bête, presque enfantin. Mais quand je les sifflote, les paroles de ce titre un peu décalé me frappent toujours par la simplicité de leur message: même quand les choses ne se passent pas comme prévu, même si l’on ne suit pas toujours le chemin qu’on avait tracé pour nous, la vie continue. Et elle peut être sacrément jolie. Comme disent les Anglais: « You do you ».

  • Il faudra leur dire – Francis Cabrel

« Les mots qu’on reçoit 
C’est comme des parfums qu’on respire 
Il faudra leur dire 
Juste un regard, facile à  faire 
Un peu plus d’amour que d’ordinaire »

OK, la chanson est un peu cheesy et totalement « eighties » (on ne parle même pas du clip avec ses enfants en pulls criards-à-cols-ronds). Mais Cabrel, avant la moustache de rêve, c’est un sacré auteur-compositeur. Les CDs dans l’auto-radio familiale, c’était lui, et ses paroles ont toujours eu pour moi une résonance spéciale. Ici, j’aime beaucoup l’idée qu’il suffise d’une phrase, d’un regard ou d’un sourire pour briser l’indifférence humaine et transmettre à l’autre quelque chose de vrai. « Pour moins de larmes, pour moins de vide, pour moins d’hiver »

  • Strawberry Swing – Coldplay

« People moving all the time
Inside a perfectly straight line

Don’t you wanna just curve away?

It’s such a perfect day »

Un de mes titres préférés du groupe. Au-delà de la mélodie envoûtante, les paroles m’évoquent la douceur de la jeunesse, un moment partagé sur une balançoire couleur framboise…cette naïveté qu’on retrouve d’ailleurs dans le clip (un Chris Martin qui joue au superhéro dans un monde croqué à la craie, j’achète). Et je ne me lasse jamais de ce passage qui semble nous souffler de profiter de l’instant et de laisser fleurir notre folie… en toute insouciance.

  • Ce que l’on s’aime – Tryo

« Ils en étaient déboussolés
De voir que l’on tenait quand même
Et nous les premiers étonnés
De récolter ce que l’on s’aime »

Tryo, ce sont souvent de jolis jeux de mots qui font sourire ou pouffer. Sur ce titre de 2008,  celui qui mêle les verbes « s’aimer » et « semer » est juste ravissant. Elle me plaît, cette idée de l’amour (ou de l’amitié) comme un jardin dont il faut s’occuper, parfois avec peine, mais où chaque petit effort, chaque attention participe à entretenir l’affection. Même là où personne ne l’aurait cru possible.

  • Once and Future Carpenter – The Avett Brothers

« And when the black cloak drags upon the ground
I’ll be ready to surrender, and remember
We’re all in this together
If I live the life I’m given, I won’t be scared to die »

Cette ballade raconte l’histoire d’un charpentier qui décide de lâcher ses poutres et ses marteaux pour prendre la route, direction l’inconnu. A défaut de son métier manuel (je suis une pive), c’est sa philosophie qui m’inspire: prendre des risques, tenter sa chance, explorer, se mettre en danger, en voir le plus possible pour pouvoir se retourner à la fin et se dire: je m’en vais sereinement, j’ai pris tout ce que la vie avait à m’offrir.

  • I can’t make you love me – Bon Iver

« Cause i can’t make you love me 
If you don’t 
You can’t make your heart feel 
Something it won’t »

Classique de Bon Iver, cette berceuse pleine de tristesse et de mélancolie sait trouver les mots:  oui, ça nous est arrivé à tous de ne pas recevoir de sentiments en retour. Plutôt que de se voiler la face, le mieux est encore d’essayer de l’accepter.

  • C’est dit – Calogero 

« Quand tout s’abîme, quand même nos rêves fuient 
Il ne reste qu’une île, un port, un parti 
On n’est riche que de ses amis 
C’est dit »

Sur l’importance des amitiés, qui sont le béton armé de l’existence. Un granit bien musclé, du genre qui résisterait même Face à la mer ou En apesanteur (désolée, je n’ai pas pu m’en empêcher).

  • Below My Feet – Mumford and Sons

« Keep the earth below my feet
For all my sweat, my blood runs weak
Let me learn from where I have been
Keep my eyes to serve, my hands to learn »

Je ne pouvais pas ne PAS inclure mon cher quatuor anglais dans cette liste (surtout au vu du nombre de fois que j’ai déclamé leurs refrains avec la ferveur d’une adolescente). D’inspiration littéraire voire super-métaphorique, les paroles de Mumford & Sons ont rarement un sens univoque. Personnellement, cette chanson me rappelle l’importance de garder les pieds sur terre, même dans les moments de doute. Puisqu’au final, chaque difficulté est un apprentissage pour celui qui s’en relève.

  • Dancing with myself – Billy Idol

« Oh dancing with myself
Well there’s nothing to lose
And there’s nothing to prove
I’ll be dancing with myself »

Pour finir sur une note plus entraînante, autant dire que ce titre mythique de Billy Idol me parle.  Ou plutôt, il me hurle qu’il faut se laisser aller, bouger dans tous les sens, même si on a l’air d’un poulpe en pleine crise d’épilepsie. Parce que ce que pensent les autres, on s’en tape (surtout si « les autres », ce sont ceux qui observent la piste de danse d’un regard vitreux). La musique, c’est un peu comme l’existence: elle est faite pour être vécue à fond.

Et vous, quels sont les lyrics qui vous font vibrer?

Virginie

Les choix d’Agathe et Ellen
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  Agathe: Fix You – Coldplay

« When you try your best but you don’t succeed
When you get what you want but not what you need
When you feel so tired but you can’t sleep…
 stuck in reverse                                                        

  Lights will guide you home
And ignite your bones
I will try to fix you »

Ce morceau archiconnu fait partie de mes all-time favorite. Ses accords, simples mais si prenants, ont rythmés mon adolescence, et c’est toujours avec beaucoup d’émotion que je les réécoute de temps en temps. Si la mélodie est ce qui m’a d’abord attiré dans cette chanson, je me suis rendue compte après coup que les paroles me touchaient beaucoup. Pas très joyeuses certes – je fais partie des personnes qui trouvent que la mélancolie est souvent plus poétique que la joie – et sans chichi, elles parlent d’échec, de tristesse, de douleur. Puis, par la bouche de Chris Martin, des étincelles d’espoir viennent illuminer le tout, par petites touches sobres, rassurantes. Le fameux « I will try to fix you », n’est-ce pas ce que chacun a besoin d’entendre en situation de doute ou de découragement ?

 


ellennEllen: Paris – Joshua K
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Le texte, bien avant la mélodie, est ce qui conquiert dans un morceau. Ne citer qu’un seul exemple me semblait carrément impossible; mais lorsqu’il s’agit de paroles, ma première pensée est pour Joshua Kadison, ce chanteur capable de transformer chacun de ses morceaux en une magnifique histoire. Comme celle-ci, intitulée « Paris », qui raconte les conversations entre un vieil homme dépassé par la course du temps et une jeune maman célibataire convaincue d’avoir déjà raté sa vie.

« I was gonna be a painter; Was gonna paint my masterpiece
I spent my whole life dreamin’; Now they’re my only memories
And I was gonna live in Paris France, and now my body’s falling apart
I could be Pablo Picasso if Dillusion were an art« 

Et comme il est beaucoup trop dur de n’en citer qu’une seule, j’ajouterais rapidement celle-ci, « Hold on to what you believe » by Mumford and Sons. (Surtout parce que cette ligne, je tente de l’appliquer dans la vie réelle:)

« Hold on to what you believed in the light
When the darkness has robbed you of all your sight«