Stranger Things: la série creepy de l’été

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L’été 2016, c’est les assiettes de tomates-mozzarella. C’est le claquement des sandales dans la poussière, le cinéma en plein air, le sucre de canne dans les cocktails et l’odeur de l’après-soleil. Ah, et c’est un affreux monstre sans visage qui rôde dans les bois et se jette sur tout ce qui bouge, aussi.

Ben oui. Une fois l’Euro terminé et le Paléo remballé, l’été nous permet d’enchaîner les épisodes de séries, surtout quand on a une soirée de libre et aucune envie de se traîner aux Fêtes de Genève. Et il se trouve que niveau divertissement, mon truc c’est plus le genre « drame et frissons d’épouvante » que les sitcoms ou les romances larmoyantes. Alors quand j’ai appris que Netflix sortait une nouvelle série qui promettait d’être bien creepy, je n’ai pas hésité et tenté «Stranger Things».

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Allocine.com

Créé par les frères Duffey (des jumeaux spécialisés dans les scénarios de science-fiction et d’horreur), cette série a été diffusée en intégralité par Netflix à la mi-juillet et compte huit épisodes. (N’ayant pas de compte Netflix moi-même, je précise que je les ai regardés en streaming et qu’ils sont très faciles à trouver, en version originale en tout cas. Mais ce n’est pas un exemple de web-éthique, on est d’accord).

Le synopsis, dans les grandes lignes: Will, un jeune garçon d’une douzaine d’années, disparaît de son village de l’Indiana après une escapade nocturne à vélo. Les recherches s’organisent, menées par un inspecteur de police un poil débauché; la mère de Will devient complètement folle et se persuade que son fils est en vie (et qu’il communique avec elle via des guirlandes de lumière, #nojoke); quant aux trois meilleurs amis du disparu, des sortes de jeunes nerds adorables, ils se promettent d’enquêter et de retrouver Will coûte que coûte. Mais ils croisent la route d’«Eleven», une petite fille aux cheveux rasés qui ne parle pas et cache un passé bien sombre…et des dons de télékinésie plutôt bluffants.

Entre la petite ville où règne la psychose, la forêt où rôde une créature super-flippante et un laboratoire du Département de l’Énergie où ont lieu des expériences douteuses, l’ambiance est sombre (comme de nombreuses scènes de la série d’ailleurs, mieux vaut du coup ne pas la regarder sur la plage en plein soleil, vous risqueriez de ne pas apercevoir grand chose). Mais « Stranger Things » n’est ni gore ni glauque pour autant. C’est plutôt un joli concentré de mystère, d’inexplicable, de bruits et de silhouettes inquiétants. En tant qu’amatrice du genre, j’avoue avoir parfois coupé le son par peur de sursauter (pas glorieux, je sais) mais n’en ai pas fait de cauchemars pour autant. 

Attention: science-fiction oblige, les plus cartésiens d’entre vous préféreront passer leur chemin. A moins que vous ne preniez tout de même plaisir à voir des trucs apparaître, d’autres trucs voltiger, bref, que vous acceptiez que les limites du réel se tordent un peu, le temps d’un plongeon de 45 minutes.

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Le gang des jeunes Sherlocks (Allocine.fr)

Mais ce qui rend cette série particulière, c’est avant tout son style: « Stranger Things » prend place en 1983 et ressemble à une grande dédicace à la décennie des eighties. Au travers des lieux et des looks des personnages, tout d’abord (ces coupes de cheveux!) mais aussi de la cinématographie et jusqu’à la bande-son, tout en synthé et assez obsédante. Les références aux vieux films de Steven Spielberg, en particulier E.T., sont flagrantes (même pour les amateurs-cinéphiles comme moi). Quant au titre de la série, il reprend sciemment la même police de caractères qu’un vieux livre de Stephen King.

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Theguardian.com

Une atmosphère rétro, donc, qui nous replonge dans le monde des téléphones muraux, des cassettes à rembobiner et des talkie-walkies de la taille d’un Petit Larousse (le magazine Rolling Stone a même fait la liste de tous les clins d’œil de la série aux années 80, il y en a une bonne trentaine). Peut-être trop, disent certains: il est un peu facile de surfer sur la vague de la nostalgie pour faire verser le cœur des trentenaires. Mon critique de films préféré sur Youtube, Chris Stuckmann, regrette lui aussi dans sa vidéo un petit manque d’originalité. Mais il compte sur la saison 2 pour davantage de prises de risque.

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Toujours est-il que la série fait un carton sur la Toile. La twittosphère s’emballe et le site de notations de films Rottentomatoes affiche des scores dithyrambiques. Il faut dire que « Stranger Things » a de nombreuses cordes à son arc, à commencer par les acteurs, surtout les enfants, dont les dialogues malicieux amènent une touche plus légère et bienvenue au scénario. Ou le personnage du chef de la police locale, ce drôle d’énergumène qui n’est pas aussi cliché qu’on peut l’imaginer et que j’ai aimé voir évoluer au fil des épisodes.

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Alors si, comme moi, vous aimez jouer à vous faire un peu peur (oui, parce que qui n’aime pas les sueurs froides en plein mois d’août?), je vous conseille d’aller explorer vous-même les étranges forêts qui bordent la ville de Hawkins. Et de vous y perdre un peu. Brrr.

…D’autres séries pour les amateurs du genre:

ign.com
Ign.com

– American Horror Story: LA série d’horreur par excellence. A chaque nouvelle saison, on retrouve le même casting mais sur un thème totalement différent (maison hantée, hôpital psychiatrique, cirque de « monstres »…). L’ambiance est ultra-étrange mais ne cède pas aux stéréotypes du genre, avec des personnages complexes et carrément dérangés. Et puis il y a Evan Peters dans le lot, ce qui, il faut le dire, ne gâche rien. Je recommande en particulier les deux premières saisons (la dernière, avec Lady Gaga en comtesse-vampire, m’a complètement dépassée).

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ew.com

– The 100: bien qu’on soit davantage dans le post-apocalyptique que le thriller psychologique, l’ambiance est tout de même assez angoissante sur cette Terre irradiée et abandonnée par toute âme humaine. Ou presque: une équipe de jeunes, qui vivait jusque-là cloitrée dans un vaisseau spatial, est envoyée en reconnaissance pour estimer si la Planète bleue est à nouveau habitable. Et dire qu’ils ne seront pas accueillis à bras ouverts est un euphémisme…Les deux premières saisons sont divertissantes: beaucoup de forêt arpentée, de boue et de rencontres impromptues pour un suspens qui tient debout, sans (trop) de surnaturel non plus.

fallingskies.wikia.com

– Falling Skies:  produite par Steven Spielberg, cette série allie science-fiction et survie extrême. Face à l’invasion de la Terre par des extra-terrestres (comprenez des sortes d’arachnides à pinces et leurs copains les robots bipèdes), un groupe d’Américains tente de riposter et sauver les enfants qui se font enlever par lesdits envahisseurs. Bien fichue (c’est quand même Spielberg derrière les manettes), « Falling Skies » offre exactement ce qu’on attend d’elle: du spectacle sans trop de cérébral. Allergiques aux bêtes rampantes, s’abstenir.

Virginie